Présentation

Présentation du laboratoire

Objectifs de recherche scientifique et de développement technologique :

        De manière générale, il est indéniable que les enseignants-chercheurs aussi bien que les chercheurs permanents sont confrontés, en Algérie, dans leurs pratiques de recherche à deux obstacles majeurs : celui de l’insécurité scripturale inhérent à celui de l’insécurité linguistique. La maîtrise de la langue croisée à celle de l’écriture scientifique remet en effet en question la validité des résultats obtenus et le rapport du protocole d’expérience menée. De fait,

« la fameuse angoisse devant la page blanche touche aussi le chercheur. Trivialement, ce symptôme révèle l’intensité de son investissement dans son propre texte et l’acuité des enjeux inhérents à l’écriture des sciences humaines. Pourtant, régulièrement, obstinément, depuis cinq ans, dix ou vingt ans, il fait ses articles, rédige communications, rapports de recherche, livres ; il s’y met, s’y colle, gratte. Rien n’y fait : écrire continue de l’intimider, voire, par bouffées, de l’inhiber ». (Martyne Perrot et Martin de la Soudière, 1994 : 05)

Cette double insécurité, qui paralyserait le chercheur algérien dans sa logique de production des connaissances et/ou du savoir, pose irrémédiablement la question des pratiques langagières à caractère académique, perçues sous l’angle de l’écriture et de la textualité. Aussi s’agit-il d’élaborer toute une réflexion sur le rapport des (apprentis-) chercheurs algériens aux pratiques textuelles universitaires et à l’écriture de la recherche : rédaction de mémoires, de thèses… ; publication de comptes rendus, d’articles… ; vulgarisation scientifique.

       L’acte d’écriture n’étant pas anodin, ce que les sociétés « mondialisées» [ou non] ont tendance à oublier (jan Blommaert, 2008 ; Isabelle Bretthauer, 2010), il importe dès lors de porter une attention particulière aux compétences scripturaires des (apprentis-) chercheurs algériens pour lesquels le français est à la fois langue et médium d’enseignement et de recherche.

  • Dresser une cartographie des compétences littératiées effectivement acquises en langues maternelles et étrangères par le chercheur (citoyen) algérien durant sa scolarité.  La finalité en sera une contribution à la reconstruction du « […] capital intellectuel de la nation » (Daniel Bollinger, Geert Hofstede) fondé sur la revendication d’une hégémonie universitaire dotée d’une conscience linguistique et culturelle.
  • Proposer une vaste synthèse des travaux portant sur l’écrit universitaire dans le domaine de la recherche en Algérie. L’objectif en est de déterminer la spécificité culturelle d’une littératie bilingue manifeste dans la production des textes des chercheurs algériens.
  • Développer un propos général sur les pratiques d’écriture en formation initiale et continue à l’Université. L’intérêt principal de la piste suggérée est de voir dans quelles mesures et limites les offres de formation en licences et masters LMD prennent en charge la méthodologie rédactionnelle, comme préalable à la formation doctorale.
  • Analyser la construction, la production et la réception du discours scientifique dans les centres de recherche en Algérie. Et ce à partir de l’idée majeure développée par David Olson  (2006) « […] selon laquelle, l’écriture, comme nouvelle technologie de la communication, modifie les pratiques sociales autant que les processus cognitifs des personnes impliquées ».

Thèmes mis en œuvre 

Tous les thèmes mis en œuvre présente un point commun : le français comme langue d’écriture et de travail et matière de réflexion dans les universités et les centres de recherche algériens.

  1. A.       Pragmatique du discours scientifique universitaire en Algérie : ethos, pathos, logos

La production d’un discours scientifique ne peut se départir tout à la fois de la posture (consciente/inconsciente) du chercheur et des représentations intimes liées à sa personne en discours. C’est pourquoi il convient ici de réinterroger la création auctoriale scientifique et ses modalités tels que définies par les instances institutionnelles algériennes.

 

  1. B.        Pratiques textuelles universitaires : mémoires et thèses

La production écrite à caractère académique obéit à des règles précises de génétique du texte. « Processus cognitif et psychique extrêmement complexe » (Irène fenoglio, LF-155), l’élaboration textuelle déconcerte les apprentis-chercheurs qui s’initient graduellement à la méthodologie rédactionnelle au travers de la rédaction hasardeuse des mémoires et des thèses, à un degré tout à fait différent.

 

  1. C.        Vulgarisation scientifique et formats d’écriture en Algérie

Il importera d’identifier une spécificité nationale comme format d’écriture qui procède de « […] la    stabilisation de formes de raisonnement et d’activités communes » (David Pontille, 2003) à un collectif de chercheurs.

 

  1. D.       Français langue étrangère de diffusion : le devenir des revues

Les chercheurs permanents des Centres de Recherche et les enseignants-chercheurs des Universités en Algérie produisent des textes et des discours pour lesquels l’hypothèse de l’hétérogénéité énonciative constitue tout un programme de recherche dont le corpus est constitué de l’ensemble des revues publiées par les Établissements d’Enseignement Supérieur.