Présentation

Présentation du Laboratoire
 

En zones arides, le problème de l’eau ne saurait être traité isolément : il doit être intégré dans les schémas directeurs de développement sociaux économiques, afin d’assurer les besoins (humains, agricoles et industriels), de lutter contre le gaspillage et de préserver l’écosystème. Le Sahara Algérienne se caractérise par un climat hyper aride (>45 °C en été), des précipitations très faibles (39 mm/an) et une forte évaporation, souffre depuis longtemps d'une situation Alarmante induite par la remonté des eaux de la nappe phréatique dans de nombreux régions du Sahara Algérien, de forte salinité des sols et de mauvaise qualité des eaux (forte dureté, salinité, forte teneurs en fluorure. …). Dans ces régions le déficit d’eau est comblé par l’exploitation des ressources souterraines fossiles, considérées comme les plus importantes du monde (UNESCO, 1972), le Continental Intercalaire (CI) et le Complexe Terminal (CT). Cependant, la surexploitation de ces ressources, sans que l’on se soucie de leur devenir, pose actuellement un sérieux problème quant à leur durabilité. En effet, la superficie des oasis a augmenté ces dernières années, la croissance démographique a doublée auxquelles s’ajoute l’amélioration du niveau de vie, ont considérablement augmenté les besoins en eau dans le sud de l’Algérie. A Ouargla, par exemple, les prélèvements qui étaient de 75 Mm3 en 1992, atteignent les 90 Mm3 en 2008, réalisant un accroissement de 16 %. Ce volume d'eau extrait, équivalant à une diminution de la réserve (déstockage), correspond à une exploitation en régime de déséquilibre hydraulique et hydrogéologique. Un rabattement de 80 m, des niveaux des nappes, est déjà signalé à la région de l’Oued R’hir. Par ailleurs, dans les régions endoréiques (pente < 0,1 ‰), l’évapo(transpi)ration constitue le seul flux sortant, ce qui lui confère une très grande sensibilité à la remontée des eaux. En hiver, les basses vallées des cuvettes, sont engorgés par les eaux de drainage et les eaux usées, formant des mares qui, hormis les conséquences écologiques (prolifération des insectes, dépérissement des palmeraies, pertes de rendement,…), constituent une perte des eaux souterraines et la salinisation des sols suite à la forte évapo(transpi)ration en été. Depuis longtemps le problème qu’engendre ce phénomène, a atteint un niveau localement Alarmant dans de nombreuses régions du Sud de l’Algérie (Ouargla, El-Oued, El-Goléa, Touggourt,…).

 
                Connaissant que les eaux géothermales de la nappe du Continentale Intercalaire (Nappe de l’Albien), principale source d’eau potable des régions du sud, sont très minéralisées (> 2,5 g/l) et de forte dureté (102 °f), posant de sérieux problème (Entartrage, corrosion,perturbation de débit, désactivation des lessives, bouchage des systèmes d’irrigations, éclatement des conduites, …) et même sur la santé humaine (formation des cailloux urinaires). A Touggourt, sud Ouest de Ouargla par exemple, en dix ans de mise en service des réseaux d’Alimentation en eau potable, les diamètres des conduites, a été réduits de 50%. Le coût d’entretien et de rénovation des réseaux colmatés, est évalué à 42 millions de DA en 10 ans. Ce laboratoire de recherche se fixe comme objectif  d’identifier et résoudre les problèmes liés à l’impact de l’utilisation des eaux de l’Albien sur les équipements notamment hydrauliques et pétroliers.
Par ailleurs, les eaux potables de nombreuses régions du Sahara Algérien sont chargées en fluorure (Messaïtfa, 2008). Bien que ce dernier est bénéfique, indispensable à la croissance et au maintien des tissus osseux et des dents (Arbab Chirani et Foray, 2005, Acharya, 2005), une prise excessive en fluorure, au-dessus des niveaux admissibles (1,5 mg/l), mène à la fluorose dentaire et squelettique (Onyango et Al., 2004). Cette intoxication aiguë peut avoir comme conséquence des complications neurologiques (Long et Al., 2002), une formation de pierre urinaire (Singh et Al., 2001) et une hypocalcémie (Pettifor et Al., 1989) des patients endémiques et du cancer. Même s’il ne semble y avoir aucun lien entre le fluorure et le cancer, certaines expériences menées au Japon (Tohyama, 1996), aux Etats-Unis (Takahashi et Al., 2001) et à Taiwan (Yang et Al., 2000) ont prouvé que différents types de cancer ont été franchement associés au fluorure. Classée troisième fléau mondial, la fluorose (dentaire et osseuse) est la pathologie la plus répandue dans le monde (Badet et Richard, 2004). Elle demeure un problème de santé publique pour beaucoup de pays en voie de développement (Jones et Al., 2005). Dans le Sud de l’Algérie, nous assistons à une fluorose "silencieuse" parmi les citoyens, qui a été signalée à travers de nombreux travaux et enquêtes épidémiologiques (Pinet et Al., 1961; Poey et Al., 1976).